Réflexion (5) : C’est dur d’être végan.e ?

Coucouuuu ! C’est assez rare que je publie des articles réflexion pendant l’année scolaire, étant donné que mon cerveau est, la majorité du temps, en pleine ébullition et angoissé par tout un tas de choses. Néanmoins, ayant eu du temps pour réfléchir durant le confinement, j’ai eu le temps de réfléchir à certaines choses concernant le véganisme, que je voulais vous partager ici.

Attention, parenthèse importante avant toute chose : je ne prétends en aucun cas que cet article soit exhaustif. Il s’agit – comme son titre l’indique – d’une réflexion personnelle. D’autre part, lorsque je critique les personnes non-véganes, ceci est à rélativiser svp : je ne parle en aucun cas des personnes ayant des problèmes de santé ou des troubles du comportement alimentaire, les obligeant à consommer des produits animaux, ni des personnes dans des situations très précaires qui n’ont pas forcément toujours le luxe de choisir ce qu’elles mangent. Mon but n’est pas de culpabiliser qui que ce soit, simplement de vous partager mon point de vue et mon ressenti sur la question :). Fin de la parenthèse.

J’aimerais aujourd’hui, réagir à quelque chose, une réflexion qu’on me fait souvent, implicitement ou explicitement, à propos du fait d’être végan.e, à savoir le fait que ce soit difficile. « Mais c’est pas super dur d’être végane ? », « Tu galères pas trop à trouver des choses à manger ? », « Moi je pourrais jamais être végan.e, c’est trop compliqué ! ». Ces questions ou remarques qu’on me fait régulièrement (quand je suis avec des personnes non-véganes), ne m’énervent pas, mais je trouve simplement triste que la majorité des personnes autour de moi pensent que c’est dur, de choisir d’exploiter le moins possible les animaux. Je vais m’expliquer.

Je n’ai pas envie de dire ici, qu’être végane est chose facile, ou d’insulter toutes les personnes qui ne le sont pas. En effet, cela demande un effort au départ, de sauter le pas, de passer de végétarisme à véganisme, de dire « adieu » (même si cela est relatif nous le verrons) à des plats que nous avions l’habitude de manger. Au départ, il est vrai qu’il faut un temps plus ou moins long pour le devenir (dépendant de chacun.e), et qu’il est au départ difficile de trouver des idées de repas, de s’informer pour équilibrer au mieux ses repas etc.

Mais en fait, quand on est végan.e, je vous assure qu’on ne se lève pas tous les matins en se disant « oulala ça va être dur aujourd’hui je ne vais pas pouvoir manger de cadavre ! ». Non. En réalité, souvent quand on est végan.e, et qu’on a la chance d’être entourée de personnes comprenant nos choix et les acceptant, et qu’on cuisine pas mal soi-même, ou juste qu’on commence à avoir l’habitude, ça n’est pas non plus une corvée de tous les jours.

A force, cela devient chose normale et je vous assure qu’on ne se pose plus de question. On n’a pas l’impression de se priver ni de manger uniquement de la salade, on commence à avoir nos petits endroits où on aime aller manger, on rencontre des personnes partageant les mêmes convictions… Les seules fois où j’y pense (et c’est une chance, je le sais) sont quand je mange avec ma famille ou encore quand je vois des scandales passer sur les réseaux et les journaux à propos des abattoirs.

Alors oui c’est dur parfois, quand on est au marché de Noël et que tous nos amis prennent une gaufre au chocolat et qu’on sait qu’on ne veut pas en prendre car il y a des œufs et du lait dedans… Oui c’est dur quand on est au fin fond de la campagne française et que dans les restaurants, l’unique choix quand on est végétalien.ne est de manger : une salade (juste de la salade verte sans sauce hein), et du pain ou des frites dans le meilleur des cas… Mais ce n’est pas pour autant que cela doit servir d’excuse à tout le monde pour se dire « oh moi je continue à faire comme j’ai toujours fait ». C’est dur au départ, de faire l’effort de cuisiner, de découvrir de nouvelles recettes et de nouveaux ingrédients (même si on peut tout aussi bien voir ça comme un plaisir), mais comme toute chose, c’est une question d’habitude avant tout !

Être végan.e ne signifie pas payer plus cher pour se nourrir, être végan.e ne rime pas avec devoir cuisiner des choses super compliquées avec des ingrédients provenant des quatre coins du monde et impossible à trouver (ce que je m’efforce de vous montrer avec mon blog ahah), être végan.e ne signifie pas être isolé.e de toute vie sociale, ou encore de devoir renoncer à tout ce qu’on aimait précédemment.

Alors okay : oui. On doit faire davantage attention à ce qu’on consomme, aux produits (alimentaires ou non) que l’on achète, ça nous pousse à cuisiner davantage à base de produits « bruts » et de prendre un peu de temps pour ça. Oui parfois c’est fatiguant de devoir faire attention et ne pas pouvoir consommer les yeux fermés des produits tous préparés. Oui c’est difficile, mais ça n’est pas plus dur que pour les animaux qui se font égorger dans les abattoirs, qui se font scier les dents, plumer, castrer à vif, arracher leurs petits dès la naissance. En fait, même si le mode de vie qu’ont choisi les personnes véganes peut parfois paraître restrictif (je vous invite à aller lire mon premier article réflexion qui rejoint ceci), c’est un « mal » nécessaire pour la cause que l’on défend, à savoir le bien-être animal, et le respect plus général du vivant dans son ensemble.

En définitive, ce qui est le plus dur en étant végan.e, c’est bien d’être sans cesse confronté.e aux remarques ignardes des personnes qui ne sont pas informées, non pas parce qu’elles n’ont pas eu accès à l’information, mais parce qu’elles ferment les yeux, refusent de voir la réalité en face, volontairement – ou tout simplement ne connaissant absolument pas ce qu’est le véganisme et continue de considérer ça comme un « régime » à savoir une restriction, une privation.

Au final, ce qui est dur, c’est de faire face à la bêtise des gens, de faire face à leur flemmardise, à leur refus de comprendre et d’entendre nos arguments, et à leur refus de faire face à leur confort aveugle.

Et m’efforcer d’exister en sachant que je respecte autant que je le peux le vivant, c’est ma raison de vivre.

Voilà, je pense avoir oublié pas mal d’aspects dans cet article mais je pourrais remplir des pages et des pages de réflexions à ce sujet. Si vous avez quoi que ce soit de constructif à apporter au débat, je vous invite à l‘écrire en commentaire pour en faire profiter tout le monde (ou à venir en discuter avec moi ça fait toujours plaisir hihi). N’hésitez pas non plus à partager cet article à des personnes intéressées, en cheminement dans leur réflexion sur le véganisme, toussa toussa.

Je vous souhaite une bonne fin de semaine, beaucoup de courage pour tout, prenez soin de vous, mangez bien et… à la semaine prochaine !

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