Réflexions (1): le véganisme, une privation ?

Bon, ça fait pas mal de temps que je voulais commencer une nouvelle catégorie d’articles, mais j’avoue que la crainte que le contenu ne soit pas assez intéressant me freinait. Maintenant que je suis en vacances, posée, avec du temps pour réfléchir et pour écrire, plus rien ne me retiens et je viens donc vous partager aujourd’hui mes réflexion à propos du véganisme.

C’est une catégorie d’articles qui comporteront moins de photos, et seront peut être moins travaillés sur la forme mais qui seront plus profonds et qui auront un fond qui, j’espère, vous interpellera. Dans ce premier article, j’ai envie de répondre à une remarque qui m’est souvent faite, plus ou moins explicitement, et qui consiste à dire que le véganisme est une contrainte, voire même une privation. Cette remarque transparaît à travers les propos des personnes autour de moi, des personnes à qui je dis que je suis végane ou alors des personnes non véganes avec qui j’ai pu avoir des discussions plus ou moins approfondies sur le véganisme. Il me semblait donc important de dire ce que je pensais de cela, afin que les choses soient claires et qu’elles vous fassent peut-être avancer dans votre réflexion.

Le véganisme, un choix réfléchi qui résulte de convictions

Alors, tout d’abord, il faut souligner et rappeler que le fait d’être végane résulte bel et bien d’un choix réfléchi, auquel je pense depuis plusieurs années, qui est construit et qui s’appuie sur des études scientifique, un ressenti personnel, des informations avérées, des reportages, des articles, des vidéos, des sites, des personnes que j’admire. Bref, de tout un tas de choses qui font qu’à un moment, je ne peux plus supporter le décalage entre mes convictions, et mon comportement alimentaire. Donc oui, c’est avant tout une revendication politique : il faut croire que certaines personnes font passer ce en quoi il croient avant même le goût que leur font ressentir leurs papilles… Incroyable hein ?!

L’alimentation végétalienne est d’une richesse infinie

Les personnes qui viennent me questionner ou qui saisissent comme argument contre le véganisme, qu’être vegan résulte d’une privation ou d’une contrainte… sont, je pense, des personnes très peu renseignées sur l’alimentation végétalienne et sur l’alimentation végétale en générale. Je pense par exemple à une personne qui avait demandé à ma maman si je « tenais bon dans mon régime ». Euh, alors. Je trouve le terme régime bien trop stricte car il renvoie à une contrainte, à une privation de nourriture dans l’imaginaire collectif, avec pour objectif de maigrir, ce qui dépolitise absolument ce terme. Donc STOP : véganisme n’est pas égal à régime. Véganisme = choix politique et revendication ou choix de vie, et alimentation végétale = diversité, découverte, saveurs, équilibre.

L’alimentation végétalienne est d’une richesse absolue. On peut prendre comme illustration par exemple, les nombreux comptes Instagram, blogs ou chaînes Youtube qui proposent des recettes toujours plus variées (soit dit en passant, si un article sur mes chaînes youtube et blogs vegans préférés vous intéresse faites-le moi savoir !). Le végétalisme pousse à toujours tester de nouveaux ingrédients, goûter de nouvelles saveurs, découvrir de nouveaux fruits et légumes, repousser les limites de ce qu’on pensait aimer ou ne pas aimer au niveau de nos goûts… Qui aurait songé à réaliser une mousse au chocolat (absolument délicieuses soit dit en passant) en utilisant le jus de cuisson des pois chiches ? Qui aurait eut l’idée d’utiliser des graines de chia en guise de liant dans un cake ? Qui aurait pensé à préparer du saumon fumé avec des carottes et de la sauce soja ?Ne pas manger de produits animaux pousse justement, non pas à se contenter d’une assiette à moitié vide et fade, mais de la remplir de mets exquis et 100% végétaux.

Alors CERTES je ne mange plus de viande, de poisson, d’œufs ou de fromage mais lorsque je mangeais de la viande, je n’aimais que très très peu de choses et je mangeais souvent des pâtes à la sauce tomate et au jambon, des sandwichs basiques, le fameux combo poulet/frites… Devenir végane m’a fait découvrir TELLEMENT de produits et fait aimer tellement de légumes… Les possibilités de préparations sont énormes. J’aime désormais à peu près tout, j’ai découvert toutes les légumineuses (les lentilles de toutes les couleurs, les haricots blancs de toutes tailles…) qu’on peut travailler sous différentes textures, des légumes qui peuvent se décliner de manière infinie.

Etre végétalien.ne c’est enfin ne pas se contenter de la facilité. Je trouve, maintenant, les assiettes des personnes ayant un régime carné, d’une banalité tout à fait affligeante. Haricots verts, steak haché, patates. Cuisse de poulet, carottes, frites. Bon sang, il existe tellement de choses à manger dans la nature, autre que les choses tirées de l’exploitation animale!!!!! Les houmous et tartinades végétales de toutes sortes, les salades composées, les plats épicés, les currys, les sauces de pâtes… Plein de variétés de légumes, de fruits, de céréales, de légumineuses… Et pour ceux et celles qui aimaient vraiment ça, il existe des fromages vegans (le cheddar vegan fondu sur des frites, rien de meilleur…), des produits véganes qui « imitent » (voire surpassent, selon moi) la viande : poisson pané vegan, beignets de crevettes vegans, saucisses de seitan, saucisson de seitan, sautés de soja de toutes les façons possible…Je vois le végétalisme comme quelque chose qui me pousse à être sans cesse plus inventive, à découvrir toujours de nouvelles textures, de nouveaux goûts, à refaire mon éducation alimentaire tout simplement et à découvrir ou redécouvrir sans cesse de nouveaux ingrédients, de nouvelles façons de cuire, d’écraser, de découper, d’assaisonner…

Le véganisme est défi permanent c’est vrai, car cela demande de la créativité et de la curiosité. Oui, on sort de sa zone de confort. Mais en aucun cas une contrainte ou une privation. Donc sortez-vous tout de suite de la tête l’image de la personne végane se nourrissant exclusivement de graines et de salade verte ou de tofu nature. Oui, les véganes mangent des crêpes des gaufres, des pancakes, des brownies, des tartes, des nuggets, font des fondues, des pizzas, mangent de bon gros burgers. Oui, ils mangent tout ce qu’ils veulent et oui certain.e.s mangent sûrement du tofu nature à chaque repas et ils et elles en ont tout à fait le droit…

Quand bien même cela résulterait d’une privation, nous nous priverions sans hésiter.

Oui, pour finir, je souhaite dire que je pense que beaucoup de personnes végétaliennes ou véganes ici se reconnaîtront : arrive un moment où les convictions, comme je l’ai dit au départ, pèsent plus que ces morceaux de poulet KFC ou que cette merguez parfaitement grillée au barbecue. Arrive un moment où ce sont des morceaux de cadavre, des animaux morts que l’on voit et non plus une belle tranche fine, rose et parfaitement régulière de jambon blanc hormoné et traité. Arrive un moment où ce sont leurs cris qu’on entend et la souffrance de leur vie et de leur mort que l’on ressent. Bref, tout ça pour dire que quand bien même les véganes ne mangeaient que de la salade… Je pense qu’ils et elles le feraient avec plaisir (c’est mon cas en tout cas).

La plupart des photos dans cet article ont été prises chez Annie’s kitchen, mon restaurant vegan préféré à Lille, qui est la preuve même que le véganisme n’est pas une privation (ça me manque tant……).

Voilà, j’espère que cet article vous aura fait réfléchir, et peut être changer un peu d’opinion sur certains points, ou avancer dans votre réflexion. Encore une fois, je ne prétends pas du tout parler au nom de toutes les personnes véganes, mais je souhaite juste donner mon avis sur ce sujet.

Je vous souhaite une très bonne semaine, remplie de soleil et de bons plats vegans ! 😉

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